Si Dieu nous fait grâce, pourquoi se prendre la tête avec le péché?

De tous temps, tous les chrétiens se sont posé la question. Elle a même été très probablement été posée à Paul de nombreuses fois puisqu’il l’anticipe lui-même (Rm 6.1).

Sa réponse est claire: « Non! » (Rm 6.2)

La grâce n’est pas une permissivité pour le péché pour de nombreuses raisons. J’en développe trois: la grâce nous transforme, nous enseigne et nous oblige.

La grâce nous transforme

Si nous sommes unis à Jésus, notre ancienne nature (celle qui aimait le péché) est morte crucifiée avec Jésus sur la croix (Rm 6.2-3). Si nous sommes unis à Jésus, nous sommes ressuscités avec lui et avons reçu une vie nouvelle. Sa vie s’écoulant en nous, les dispositions et l’orientation de notre cœur ont donc changé (Rm 6.4) 

Si nous avons reçu une vie nouvelle d’une nature différente (celle de Christ), nous ne sommes plus en mesure de penser comme avant, au contraire: 

Maintenant que vous avez été libérés du péché et que vous êtes devenus esclaves de Dieu, vous avez pour fruit la progression dans la sainteté et pour fin la vie éternelle. (Rm 6.22). 

Mener une vie caractérisée par le péché sans repentance est le témoignage d’un cœur non régénéré (Rm 8.13).

Profiter de la grâce comme une licence pour faire ce que l’on veut de notre vie et de notre corps est la pensée d’une personne qui n’a rien saisi du salut. Ou pire. Qui n’a pas reçu cette nouvelle vie. 

La grâce nous enseigne

Plus notre compréhension de la grâce sera juste, plus nous l’expérimenterons, plus elle nous enseignera la sainteté:

En effet, la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été révélée. Elle nous enseigne à renoncer à un mode de vie impie et aux convoitises de ce monde et à vivre dans le temps présent conformément à la sagesse, la justice et la piété en attendant notre bienheureuse espérance, la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Il s’est donné lui-même pour nous afin de nous racheter de toute faute et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié et zélé pour de belles œuvres.

– Tt 2.11-14

Celui qui n’aime pas la sainteté dans cette vie ne l’aimera pas dans la vie éternelle. La grâce nous apprend à devenir ce que nous serons à la fin dès aujourd’hui (1Th 5.23-24). 

La grâce nous oblige 

Cependant, les solides fondations posées par Dieu subsistent, porteuses de cette inscription: « Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent. » et: « Tout homme qui prononce le nom du Seigneur, qu’il se détourne du mal. » (2Tm 2.19)

Puisque nous avons de telles promesses, bien-aimés, purifions-nous de tout ce qui souille notre corps et notre esprit et poursuivons jusqu’au bout la sainteté dans la crainte de Dieu.

– 2Co 7.1

Imaginez un mari pris en flagrant délit d’adultère, mais qui se voyant pardonné et aimé contre toute attente, s’en réjouisse: « Super, je peux donc remettre ça! » 

Un chrétien ne peut plus aimer son péché ainsi, car son cœur a été transformé. Il sait qu’un seul petit mensonge, une seule mauvaise pensée a rendu nécessaire la crucifixion de Jésus pour qu’il puisse être sauvé. Envisager de pécher sans aucune vergogne, c’est décider d’ajouter délibérément aux souffrances et à l’agonie que le Seigneur a endurées pour nous purifier. Nous qui l’aimons, nous ne pouvons raisonner ainsi. Notre compréhension de la grâce se mesure entre autres à notre reconnaissance pour le prix payé, se manifestant par un désir d’obéissance.

Notre péché nous afflige pour ce qu’il est: la violation de la volonté de Dieu, et pour ce qu’il a rendu nécessaire à notre pardon: la croix. Ce qui est mal aux yeux de Dieu le devient aux nôtres. Il n’existe pas de péchés acceptables, encore moins de mignons. Nous sommes spirituellement, moralement, et affectivement dans le camp de Dieu contre notre péché, et notre vie est marquée par l’amour de la sainteté et la guerre au péché.

Pour aller plus loin: 

Raphaël Charrier

À 17 ans Raphaël s'engage dans l'armée dont il est renvoyé moins de deux ans après. Il reprend alors l'école et obtient le bac à 23 ans. C'est à ce moment qu'il découvre la personne et l'œuvre de Jésus-Christ et place sa foi en lui pour être sauvé. Il poursuit ses études devient Éducateur Spécialisé. Il s'oriente ensuite vers des études de théologie à l'Institut Biblique de Genève, puis à la Faculté Libre de Théologie Évangélique de Vaux-Sur-Seine, afin de se consacrer au service de l'Évangile. Raphaël est marié à Marion et ils ont deux enfants. Il est actuellement pasteur à l'Église Chrétienne Évangélique de Grenoble. Il est l'auteur d'un nouveau livre qui a pour objectif d'aider les chrétiens à poser les bons fondements de la vie chrétienne: Vivre pour Jésus. Il a aussi co-écrit L'Évangile.net: 7 signes, une ressource d'évangélisation co-édité par TPSG basée sur l'Évangile selon Jean.

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