Avertissement de Paul Tripp: la folie de l’idolâtrie du ministère

Il y a quelques mois, j'ai lu Un appel dangereux de Paul David Tripp. Ce livre passe au crible nos motivations pour le service. J'avoue qu'il m'a fallut régulièrement le refermer pour prendre le temps de pleurer sur mon péché.

Ce qu’il dit dans les lignes qui suivent concerne toute personne souhaitant servir l’oeuvre de Dieu, même s’il s’adresse en particulier aux pasteurs.

Lisez attentivement ce qui suit:

« Songez à la folie de cette subtile idolâtrie liée au ministère, dit Paul Tripp. Les membres de votre congrégation ne sont pas devenu participants actifs de votre ministère dans le but de contribuer collectivement à rehausser votre estime personnelle et votre assurance concernant vos dons.
Dieu ne vous a pas appelé à ce ministère particulier pour que vous puissiez vous tailler une identité qui vous convienne.

Les leaders de l’Église ne vous ont pas appelé à être leur pasteur pour combler votre besoin d’une tribune où vous pourriez trouver un sens et un but à votre vie. Les personnes accablées d’épreuves ne vous ont pas confié leurs soucis pour que vous vous sentiez important, essentiel et apprécié. Ceux qui donnent fidèlement à l’oeuvre ne le font pas pour que vous vous construisiez un ministère couronné de succès et pour que vous fassiez grand cas de vos réalisations.
Ainsi, ce n’est pas au sein de votre ministère que vous trouverez le repos du coeur auquel aspire tout être humain. Or, si c’est là que vous le cherchez, vous n’y récolterez qu’anxiété, frustration, convoitise, blessures, déception, colère, et amertume. Cela vous conduira à douter de la bonté de Dieu. Je suis convaincu que ce qu’on appelle communément une « dépression du ministère » émane souvent de la fatigue et du découragement d’un pasteur qui cherche dans son ministère ce qui ne s’y trouve pas.

Les réalités de votre vie spirituelle se heurtent donc aux réalités et aux attentes du ministère public. Vous courez le risque de vous habituer à une divergence entre votre personnalité publique et votre vie spirituelle personnelle. Cette dernière est confrontée à la guerre d’adoration qui se livre dan votre coeur lorsque vous entendez la voix des idoles qui assaillent tout pasteur. »

Cet excellent livre figure évidement dans mon TOP 10 formation de responsables

Raphaël Charrier

A 17 ans Raphaël s'engage dans l'armée dont-il est renvoyé moins de deux ans après... Suite à cela, il reprend l'école et obtient son bac à 23 ans. C'est à ce moment qu'il découvre la personne et l'oeuvre de Jésus-Christ. Il lui donne alors sa vie. Il poursuit ses études et obtient un diplôme d'Educateur Spécialisé. Il s'oriente ensuite vers des études de théologie car il veut se consacrer au service de l'Évangile. Diplomé de l'Institut Biblique de Genève, il est actuellement pasteur à l'Église Chrétienne Évangélique de Grenoble (ecegrenoble.fr) et également associé au sein de France Évangélisation. Raphaël est marié à Marion et ils ont deux enfants.  

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  • Richard H.

    Oui c’est vrai, notre coeur est tortueux, il lui arrive même de détourner le ministère pour se chercher soi-même. Mais Dieu a plus d’un moyen pour nous en avertir : il place parfois sur notre chemin des Shiméis, gens qui semblent n’être nés que pour railler, critiquer et reprendre. Spurgeon en avait un dans son assemblée, qui après chaque message lui glissait dans la main un petit papier sur lequel il avait noté toutes ses incorrections de langage, toutes les faiblesses de son sermon ; et le prédicateur reconnaissait en lui-même que cette source d’humiliation lui était bénéfique tant pour son homilétique que pour sa sanctification personnelle. Les Shiméis modernes ce sont ces oisifs, connectés à longueur de journée, à l’affût des blogs évangéliques, pour y goûter le misérable plaisir de trouver à redire. Ce sont eux qui, par exemple, vous signaleront que l’on ne dit pas « un tribune », que la traduction est indigeste, et qui vous inciteront à refermer le livre, et à pleurer encore une fois sur votre péché de susceptibilité, et sur la vanité de vouloir être quelqu’un. Courage Raphaël ! n’écoutez ces moqueurs que ce qu’il faut, séchez vos larmes, et le regard fixé vers le but, continuez à tracer le droit sillon que tout ministre est appelé à laisser ici-bas.