Pour mieux servir les autres, sachez vous isoler et être injoignable

Que vous exerciez un ministère à plein temps, responsable bénévole, ou simple chrétien engagé, il est indispensable que vous sachiez vous isoler régulièrement. Je pense qu’un chrétien qui ne sait pas se rendre difficilement joignable est un chrétien dont la vie est dangereusement déséquilibrée. Je pense que ce besoin ne s’est jamais fait autant ressentir depuis que nous avons un smartphone dans la poche.

Pourquoi est-ce difficile à assumer pour moi?

Parce que je considère ma vie comme étant consacrée à Dieu et pour l’avancée de son royaume.
Ce présupposé me conduit donc à vivre en me donnant totalement à Dieu et au ministère.
Qui dit se consacrer dit se donner tout entier. Et qui dit se donner tout entier, dit être totalement disponible pour les autres.

Pourquoi je voudrais être tout le temps disponible?

Parce que je suis influencé par mon héritage de «famille de gros bosseurs».
Parce que les autres doivent savoir qu’en toutes circonstances, ils peuvent compter sur moi.
Parce que j’étalonne ma valeur selon mon activisme.
Parce que je veux mériter le salaire que mon Église me paie.
Parce que dans mon esprit, soit on est à fond, soit on est un faible.
Parce que je dois être courageux.
Parce que dans mon orgueil, j’aime que les gens disent de moi: «il est efficace, il est consacré, il est réactif… et quel esprit de service!»
Et enfin, parce que le regard des autres sur moi est une idole sacrément vicieuse.

Je ne suis pas un cas isolé, je pense que beaucoup de leaders peuvent se reconnaitre. Je me trompe?

Pourquoi je me trompe?

Parce que si mon affirmation est juste: «je considère ma vie comme étant consacrée à Dieu et pour l’avancée de son royaume», les applications que j’ai tendance à en faire sont erronées.

Si Paul avait tiré les même applications que moi, il lui aurait été indisponible de dire:

Je veux que vous le sachiez, frères: ce qui m’est arrivé a plutôt contribué aux progrès de l’Évangile. En effet, dans tout le prétoire et partout ailleurs, il est devenu manifeste que c’est pour Christ que je suis dans les chaînes. (Ph 1.12-13)

Pourtant, il pouvait le dire.
Cela m’interroge: sommes-nous conscients d’à quel point notre culture influence notre vision du service?

Pourquoi est-ce difficile de s’isoler et d’être injoignable?

Certains jours, j’ai l’impression de vivre dans une pièce où il y aurait plusieurs enceintes de musique qui joueraient chacune leur morceau au volume maximum!
Sonnerie de téléphone, notifications diverses, e-mails, réseaux sociaux, WhatsApp, Skype…
Travail, réunions d’églises, plannings, famille, responsabilités diverses, sans compter les imprévus et les urgences qui rythment mes semaines, mes mois, ma vie.

Nous courons tous après le temps (et le café) dans un monde d’urgence, de productivité et de stress: «Hé, je t’ai envoyé un SMS il y a 1 minute, pourquoi tu n’as pas encore répondu?»

Notre environnement naturel nous façonne au multitâche.
Or rien n’est pire que la dispersion pour la concentration. Sans perturbations extérieures, il est déjà difficile de se concentrer. Rajoutez à cela une notification et hop!
Parvenir à se focaliser longtemps sur une seule chose devient de plus en pus difficile dans notre vie hyper connectée.
Notre esprit est plein de préoccupations rarement essentielles qui nous bloquent l’accès à la profondeur.

Quand dois-je être injoignable?

Si vous faites quelque chose d’important, quelque chose qui compte, alors sachez être injoignable.

Ces dernières années, j’ai appris à faire la différence entre:

  • Les moments où je peux être joignable: lorsque je fais quelque chose qui ne requiert pas toute mon attention, comme discuter sur WhatSapp avec des amis, etc.
  • Les moments où je dois être joignable: lorsque je travaille et qu’on doit me joindre en lien avec ce que je fais, ou que j’ai fixé un rendez-vous Skype.
  • Les moments où je ne dois pas être joignable: quand je consacre du temps aux miens, quand je prépare une prédication, quand je fais mon culte personnel, etc.

Oui, mais s’il y a une urgence?

Oui, oui… On la connait tous cette excuse derrière laquelle on se cache pour justifier de checker sans cesse son portable… même pendant le culte! Tellement commode de se cacher derrière une prétendue mesure de sécurité.

S’il s’agit d’une vraie urgence (à moins que vous ne soyez médecin urgentiste ou pompier d’astreinte), ce n’est pas vous que l’on appellera!
À ce propos, essayez de joindre un chirurgien lorsqu’il opère. Essayez!
Pensez-vous qu’un pilote de rallye scrolle son compte Instagram pendant la course?
Tentez pour voir de me joindre lorsque je prêche ou que je suis en entretien.

Je le répète: si vous faites quelque chose d’important, quelque chose qui compte, alors sachez être injoignable.
Les tâches et les personnes qui sont importantes requièrent toute votre attention.

  • Si vous êtes tout le temps susceptible d’être interrompu, quand est-ce que vous passez du temps de qualité avec votre conjoint? Avec vos parents, vos enfants ou un proche?
  • Si vous êtes tout le temps joignable, quand priez-vous?
  • Quand passez-vous du temps dans la méditation des Écritures? Quand pensez-vous à Dieu seul?
  • Quand sondez-vous votre âme?
  • Quand réfléchissez-vous en profondeur sur votre vie et vitre ministère?
  • Quand méditez-vous sur les besoins et aux défis de votre Église et de votre ville?
  • Quand prenez-vous du temps pour vous isoler afin de recharger vos batteries?

La solitude et le silence sont indispensables pour chercher la face de Dieu.
Et pour se faire, nous devons savoir nous rendre injoignables.

Jésus savait s’isoler et se rendre injoignable.

Il connaissait son besoin d’avoir du repos et de l’intimité avec le Père ou ses proches.
Il avait besoin de solitude pour combattre dans la prière (Lc 4.1-13, Mc 14.13, Mt 26. 36-45, Mc 1.35), ou pour faire des choix importants (Mc 3.13), pour se reposer (Mc 1.18, Mc 6.31-32). Nous pourrions multiplier les exemples…

La vie de Jésus n’était pas caractérisée par l’activisme occidental. C’est justement parce qu’il savait que s’arrêter et s’isoler était indispensable pour discerner comment il devait s’engager auprès des autres.
S’éloigner un temps, pour mieux rejoindre les besoins des autres.
S’isoler pour ensuite mieux rassembler autour de lui.

Quelques pistes concernant les smartphones

  • Écoutez ces deux épisodes de Memento Mori sur livres Génération Smartphone et Deep Work, ils sont riches en conseils afin de poursuivre cette réflexion.
  • Réduisez au strict minimum votre présence sur les réseaux sociaux ou désinscrivez-vous. J’ai quitté Instagram et FaceBook depuis plus de 3 ans, je ne le regrette pas un seul jour.
  • Respectez un jour du Seigneur comme break. Ça vous fait 52 jours de pause par an!
  • La plupart des smartphones possèdent un mode « ne pas déranger » qui coupe les sonneries entrantes, sauf si la personne vous appelle avec insistance. Activez-le lorsque vous ne voulez pas être dérangé, mais tout de même joignable en cas d’urgence.
  • Profitez de vos congés pour faire des jeûnes de numérique.
  • Coupez toutes les notifications de votre téléphone. C’est à vous de déranger votre téléphone et non l’inverse.
  • Éteignez votre téléphone à une certaine heure le soir et ne le rallumez que le lendemain après votre temps de culte avec Dieu.

Dites-moi dans les commentaires ce que vous pensez de mon avis et quelles sont vos stratégies!

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Raphaël Charrier

A 17 ans Raphaël s'engage dans l'armée dont-il est renvoyé moins de deux ans après. Il reprend alors l'école et obtient le bac à 23 ans. C'est à ce moment qu'il découvre la personne et l'oeuvre de Jésus-Christ et place sa foi en lui pour être sauvé. Il poursuit ses études et obtient un diplôme d'Educateur Spécialisé. Il s'oriente ensuite vers des études de théologie pour se consacrer au service de l'Évangile. Diplomé de l'Institut Biblique de Genève, il est actuellement pasteur à l'Église Chrétienne Évangélique de Grenoble. Raphaël est marié à Marion et ils ont deux enfants.  

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