Noël raconté par Joseph le charpentier, une Nouvelle TPSG 2/2

La semaine dernière, j'ai commencé à vous raconter comment, moi, Joseph, a vu sa vie complètement transformée alors que je n'avais rien demandé. Aujourd'hui je vous raconte la fin de mon histoire et je vous laisser découvrir la plus grande des nouvelles.

 

IV. Un voyage plus important que celui de Frodon Sacquet

Alors nous nous sommes mis en route. Le voyage a été éprouvant et interminable. Les serpents, les chemins dangereux, les rivières à traverser et les collines à gravir. Nous avons failli perdre la vie plusieurs fois. Dieu ne nous facilitait pas franchement la tâche.

Au fur et à mesure, je me sentais de moins en moins confiant. Pourquoi était-ce si dur ? J’avais un mauvais pressentiment.
J’ai commencé à vraiment angoisser quand Marie a eu les premières contractions alors que Bethléem était à l’horizon.
– Tiens bon Marie, on y est presque. Dieu doit nous y avoir préparé une veuve de Serapta, mais riche et qui a déjà eu 8 enfants. Une vraie sage femme.

Et puis ça a tourné au cauchemar.

Avec une telle foule venue pour le recensement, personne ne pouvait nous accueillir.
– Joseph, le bébé va bientôt arriver. Fais quelque chose !
– Tu veux que je te donne la main ? Respire Marie, respire. Souffle en comptant jusqu’à…
– Joseph !

À chaque porte à laquelle je frappais, c’était la même réponse :
– Désolé, tout est déjà occupé, on ne peut rien pour vous.
Alors je priais :
– Ô, Dieu, as-tu oublié de réserver une chambre pour ton propre Fils ? Un lieu digne de son rang et de sa mission ? Pas possible ! Et d’ailleurs, quand est-ce qu’arrive l’équipe des anges sages-femmes qui vont s’occuper de l’accouchement ? Je te rappelle que je suis charpentier… Et en plus je n’ai pas mes outils.
Une autre porte, la dernière qu’on n’avait pas encore essayée. Même réponse embarrassée.
– Je vous en supplie, dis-je, n’importe quoi fera l’affaire.
– Écoutez, dit l’homme honteux de nous faire la proposition, moi-même je partage mon lit avec mes cousins, mais il y a une étable derrière. Prenez-là ce sera toujours meilleur que la rue. On va vous aider à mettre un peu d’ordre.
– L’Éternel a pourvu, dit Marie.
À pourvu, a pourvu… c’est surprenant tout de même. Mais bon. Pas le temps de réfléchir. Ni une ni deux, je l’ai installé dans la mangeoire.

 

V. Mon incrédulité percée encore une fois à jour

En installant Marie, je réalisais que si vous voulez faire ce que Dieu attend de vous, vous allez souffrir.

Probablement vous prendrez le risque qu’on se moque de vous, comme ça a été le cas pour Marie qui est tombée enceinte sans être mariée. Vous vivrez des situations difficiles que vous voudriez éviter.
Mais Dieu le Père, au travers de notre timide obéissance, accomplit un plan qui nous dépasse. Il ne faut jamais se fier aux apparences, mais toujours se fier à Dieu et ses promesses.
Dieu nous donnera toujours ce dont nous avons besoin afin que nous puissions le glorifier. Toujours.

Une fois que Marie a accouché, quelle joie.
Moi qui suis charpentier, j’aime le travail bien fait. Alors j’aime contempler la beauté de la création.
Quand Dieu a tout créé, c’était un travail extraordinaire, mais là le Créateur est devenu créature. Et c’est un miracle encore plus grand ! Nous l’avions là, sous nos yeux, Jésus.
Dieu qui s’est fait homme avec nous, dans une étable. Nous tenions Dieu fait homme dans nos bras et il était si fragile !
Je repensais alors à cette folle journée. Pourquoi Dieu avait-il choisi une étable, ce lieu plein de saleté et d’impureté rituelle pour son Fils ?
Cette humiliation volontaire de sa part était incompréhensible. Le roi qui décide de ne pas se réserver une simple chambre… Je restais songeur… L’humilité du Tout Puissant me dépasse.

 

VI. Une odeur de fromage dans la nuit

C’est alors que des bergers ont franchi la porte comme une bande de fou. Ils transpiraient, ils étaient à bout de souffle. D’un coup, ça commençait à sentir drôlement le mouton là-dedans. J’avais d’un coup envie de fromage.
Ils cherchaient quelque chose du regard.
Dès qu’ils ont vu Jésus emmailloté dans la mangeoire, ils se sont mis à se serrer dans les bras et crier de joie. Certains tombaient même à genoux devant Jésus.
– Il est dans la mangeoire ! entonnaient-ils, le bébé est dans la mangeoire ! Le bébé de la mangeoire, il est bien dedans ! Oui il est dans la mangeoire le bébé !

Je commençais à prendre un peu peur :
– Hé, ho, un peu de calme s’il vous plaît. Qu’est-ce qui vous arrive ?
– Vous n’allez pas nous croire, on a vu un ange dans le ciel !
Avec Marie on s’est regardés du coin de l’œil.
– Heu si, si, on vous croit.
– L’ange nous a sorti quelque chose d’énorme, repris le berger, il a dit : « Je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple le sujet d’une très grande joie. Un Sauveur vous est né aujourd’hui dans la ville de David ; c’est lui le Messie, le Seigneur. Et voici à quoi vous le reconnaîtrez : vous trouverez un nouveau-né dans ses langes et couché dans une mangeoire.
Et berger cria :
– Il est dans la mangeoire ! Alléluia ! C’est donc lui notre sauveur, enfin il vient nous sauver !
– Et ce n’est pas tout, repris le premier, une multitude d’anges de l’armée céleste nous est apparue, ils chantaient les louanges de Dieu : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! Et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. » Quel concert ! L’étendue des cieux était recouverte d’anges. Ils étaient plus nombreux que tous nos troupeaux réunis. On ne pouvait pas les compter. Tous ils adoraient Dieu d’avoir envoyé le Messie. Alors dès qu’ils sont partis, on a foncé pour fouiller toutes les mangeoire de Bethléem.
– Il est dans la mangeoire ! cria un autre.

Et puis, comme ils sont venus, ils sont repartis en réveillant toute la ville parce qu’ils criaient et chantaient des vieux psaumes à pleins poumons !
Marie, elle, restait rêveuse. Moi aussi.
Ça faisait neuf mois que Dieu n’avait pas parlé. Quand on criait à l’aide dans les rues, il n’était pas là. Quand on souffrait durant le voyage, il n’a rien dit. Pourtant ce qu’on vivait mettait son Fils en danger également.
Et là, Dieu nous réconfortait par les paroles de cette bande de bergers, des gens tout simples.
– La mangeoire, la mangeoire !

J’avais honte de voir Jésus dans cette mangeoire, moi.
Pourquoi Dieu mettait-il son propre fils dans une telle misère ? Même maintenant, il n’avait même pas un lit. Il était dans une mangeoire. N’est-ce pas à cela que ressemble l’extrême détresse ?
Ce que nous vivions, le Fils de Dieu le vivait. Il s’identifiait à nous : les bergers, les charpentiers, les jeunes filles, les villageois opprimés. Les gens normaux quoi. Simples. Le créateur, le roi des rois venait vivre avec nous. Au beau milieu de nous.
En regardant la mangeoire, je réalisais un peu plus : le grand créateur et ses créatures ne sont plus séparés. Il est Emmanuel, Dieu avec nous…

 

VII. Une odeur de mages dans la nuit

Le lendemain, je faisais mes démarches administratives. Quelque chose d’ennuyeux ne me faisait pas de mal. Marie et Jésus se reposaient.
Il était maintenant temps de rentrer chez nous. Nous décidions de passer une dernière nuit à Bethléem. Puis nous passerons par le temple de Jérusalem pour y présenter Jésus comme le veut la loi.
Ce que j’ignorait, c’est qu’à ce moment même, dans la cité de David, un groupe d’hommes mystérieux s’entretenaient avec Hérode.

Le soleil était couché depuis quelques heures quand je remarquais une forte luminosité par la fenêtre. Une étoile était juste au-dessus de la ville et elle brillait de façon surnaturelle. On se serait dit en plein jour, comme si Dieu avait crée un nouveau soleil qui venait chasser les ténèbres du monde.
C’est alors qu’on frappa bruyamment à la porte. Je sursautai. Qui venait nous déranger à cette heure ? Pas d’odeur de fromage. Et le silence. Si c’est des Romains, tout peut arriver.

J’entrouvris et restai bouche bée. Là, devant moi, se trouvait une délégation d’hommes aux vêtements magnifiques. Ils portaient des bagues et des colliers qui brillaient. Leur couleur de peau et la forme de leurs yeux confirmaient qu’ils ne venaient pas du coin. De Perse peut-être à leurs habits ?
En tout cas, ce n’était pas n’importe qui. Mais qui étaient-ils ?

Derrière eux, il y avait tout un groupe de personnes qui s’occupaient de leurs chameaux et de leurs chevaux. Certains commençaient à monter des tentes dans le champ d’en face. C’était leurs serviteurs, probablement.
Ils avaient l’air fatigués d’un long voyage, mais ils avaient les yeux qui brillaient. Ils s’inclinèrent respectueusement. Un peu timide, je leur dis :
– Oui ? Bon… bonsoir… Heu.. Oui ? C’est… c’est pour quoi ?
– Nous sommes des Sages, des scientifiques, qui viennent d’Asie. Dans nos pays, on nous appelle des mages.
– Et que faites-vous si loin d’ici ?
Un autre prit la parole :
– Nous étudions l’histoire, les étoiles, les mathématiques et la géométrie. Il y a quelque temps, alors que nous observions le ciel étoilé, nous avons vu une étoile qui semblait se déplacer vers Israël. Alors, il nous est revenu en mémoire une prophétie qui vient de votre livre de Moïse, les Nombres, car depuis quelques siècles, des juifs vivent aussi chez nous près de Babylone.
Un autre prit alors la parole :
– La prophétie dit : « Je la vois bien, mais ce n’est pas pour maintenant, je la contemple, mais non de près ; une étoile monte de Jacob, un sceptre surgit d’Israël ».
– En voyant cette étoile, nous avons fait le lien : C’est pour maintenant !
– Alors nous nous sommes dit que nous devions la suivre et que nous pourrions alors connaitre qui est ce Roi qu’elle annonce et qui vient de Dieu afin de pouvoir nous aussi l’adorer. Car Si Dieu vient sur Terre, alors toutes les nations doivent l’adorer.

Je les fis entrer et ils se prosternèrent devant Jésus.
Dieu le Père conduisait à son Fils des gens du coin, mais aussi des sages venant d’autres nations pour l’adorer. Jésus allait être la lumière de mon pays, mais aussi de toutes les nations et il allait être adoré sur toute la Terre. Extraordinaire !
Et puis comme c’est ce qu’on appelle maintenant « Noël », ils ont fait des offrandes à Jésus, le Messie.
Ils lui ont offert des cadeaux qui montraient leur respect et leur adoration !
Ils ont déposé à ses pieds des présents que l’on offre à un roi : de l’or pour le roi des rois. Et puis un cadeau que l’on offre à un prêtre : de l’encens pour le prêtre de tous les prêtres. Mais un troisième cadeau me laissa songeur, il s’agissait de myrrhe, c’est le don que l’on fait à quelqu’un qui souffre. Pour celui qui allait s’offrir en sacrifice.
Et moi que pourrais-je lui offrir pour lui montrer mon amour ?

Voici les évènements qui ont entouré la naissance de Jésus. Ici se termine mon histoire.

 

Epilogue : Ce que moi, Joseph, j’ai découvert durant cette aventure

Que ce soit Marie ou moi, les bergers, les mages, et tous les anges. À tous, nos regards étaient tournés vers Jésus.
C’est lui le centre de l’attention du Père, c’est lui le centre de toute l’Histoire, c’est lui qui soutient toute la création.

Adorez le Fils de Dieu né d’une vierge.
Adorez celui par qui tout a été créé et qui est devenu un nourrisson, le Créateur qui est devenu également humain.
Adorez le Roi… qui s’est fait serviteur méprisé.
Adorez le Christ devenu le crucifié pour nous sauver !

Maintenant, je veux vous rappeler une dernière chose : vous et moi on est pareil. On est des gens tout simples, on n’est pas des héros ou des princesses. Mais Dieu veut nous voir adorer et servir Jésus.

Marie et moi avons renoncé à nos projets pour servir le sien. Et ce fut le plus grand honneur de notre vie.

Et vous êtes encore plus honoré par Dieu que moi. Moi j’ai servi Jésus alors qu’il était enfant.
Vous, vous le connaissez dans toute sa gloire, celle du Roi tout-puissant assis sur Son trône céleste, dont l’autorité s’étend sur tout l’univers et qui tient toute chose dans ses mains.
Nous on le voyait gazouiller dans la mangeoire, mais vous, vous l’entendez déclarer avec puissance : « J’ai tout pouvoir sur la Terre et dans le ciel, Je suis l’Alpha et l’Omega, le commencement et la fin, Je suis le roi éternel. »
Souvenez-vous ce qu’a dit l’ange à Marie : « rien n’est impossible à Dieu ».
Alors, consacrez-vous dès maintenant à lui et vous passerez le plus beau des Noëls.

Abonne-toi à ma newsletter et ne rate aucun de mes articles

Votre adresse de messagerie est uniquement utilisée pour vous envoyer notre lettre d'information ainsi que des informations concernant les activités de toutpoursagloire.com. Vous pouvez à tout moment utiliser le lien de désabonnement intégré dans la newsletter. Consultez notre politique de confidentialité ici.
Pas de spam, promis. Powered by ConvertKit

Raphaël Charrier

A 17 ans Raphaël s'engage dans l'armée dont-il est renvoyé moins de deux ans après. Il reprend alors l'école et obtient le bac à 23 ans. C'est à ce moment qu'il découvre la personne et l'oeuvre de Jésus-Christ et place sa foi en lui pour être sauvé. Il poursuit ses études et obtient un diplôme d'Educateur Spécialisé. Il s'oriente ensuite vers des études de théologie pour se consacrer au service de l'Évangile. Diplomé de l'Institut Biblique de Genève, il est actuellement pasteur à l'Église Chrétienne Évangélique de Grenoble. Raphaël est marié à Marion et ils ont deux enfants. 

Articles pouvant vous intéresser

Les cookies assurent le bon fonctionement de notre site internet. En utilisant ce dernier, vous acceptez l'utilisation des cookies. Lisez notre politique de confidentialité pour en savoir plus.
close-image