Les 2 limites des psychothérapeutes non chrétiens selon Bonhoeffer

Dans ce court article, je voudrais mettre le doigt sur 2 limites de toute psychothérapie ou psychanalyse. Pour cela, je fais appel à une citation de Dietrich Bonhoeffer.

Selon moi, Bonhoeffer discerne avec sagesse deux limites au travail de relation d’aide auquel sont confrontés les thérapeutes non chrétiens:

  1. Leur anthropologie ne reconnait pas le péché.
  2. Ils ne reconnaissent pas l’existence de Dieu.

Il se trouve que ces deux points sont essentiels dans notre façon d’aborder les problèmes existentiels. Si nous devons faire appel à un thérapeute, nous devons les avoir à l’esprit.

Par exemple: si vous consultez pour un problème lié à un péché, poser un diagnostic et comprendre l’origine d’un tel comportement pourra vous aider à l’appréhender. Mais cela ne pourra toutefois pas vous en guérir.
Seul le pardon de Dieu peut nous guérir du péché et il n’existe aucun médicament qui puisse nous ôter la culpabilité de nos fautes.

Je vous laisse donc lire attentivement ce qui suit:

Le psychologue à l’apogée de son art ou l’habile observateur de la nature humaine connait infiniment moins bien le cœur humain que le simple chrétien vivant à l’ombre de la croix de Jésus.
L’expérience, la science et le discernement psychologique les plus raffinés ne réussissent pas à saisir ce concept: l’essence du péché. La sagesse du monde perçoit la détresse, la faiblesse et l’échec, mais elle ne comprend pas l’impiété de l’homme.
Par conséquent, elle ne sait pas que le péché seul le détruit et que sa guérison s’effectue uniquement grâce au pardon.
Le chrétien, quant à lui, possède cette connaissance.

En présence du psychiatre, je ne suis qu’un homme malade; devant mon frère chrétien, je me permets d’être un pécheur.
Le psychiatre sonde d’abord mon cœur, mais ne parvient jamais à en sonder les profondeurs. Quand je m’approche de lui, mon frère chrétien comprend: « Voilà un pécheur comme moi, se dit-il, un homme impie qui veut confesser son péché et aspire à recevoir le pardon de Dieu. »
En m’examinant, le psychiatre ne tient aucun compte de l’existence de Dieu. Mon frère me considère tel que je suis, devant un Dieu qui juge et fait grâce par la croix de Jésus-Christ. (Confession & communion, in Life Together)

 

Vous pouvez retrouver cette citation dans l’excellent livre de David Powlison: Vers une relation d’aide renouvelée.

Je tiens à rajouter que je crois en l’utilité du travail des psychologues et psychiatres, ce que j’exprime brièvement dans cet article.

Raphaël Charrier

A 17 ans Raphaël s'engage dans l'armée dont-il est renvoyé moins de deux ans après... Suite à cela, il reprend l'école et obtient son bac à 23 ans. C'est à ce moment qu'il découvre la personne et l'oeuvre de Jésus-Christ. Il lui donne alors sa vie. Il poursuit ses études et obtient un diplôme d'Educateur Spécialisé. Il s'oriente ensuite vers des études de théologie car il veut se consacrer au service de l'Évangile. Diplomé de l'Institut Biblique de Genève, il est actuellement pasteur à l'Église Chrétienne Évangélique de Grenoble (ecegrenoble.fr) et également associé au sein de France Évangélisation. Raphaël est marié à Marion et ils ont deux enfants.  

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  • Malia

    Raphaël, le lien pour ton autre article (sur les psychiatres et les pyschologues)ne marche pas. 🙂

  • Richard H.

    Ainsi l’auteur de l’Ecclésiaste et des Proverbes, parce qu’il eut la malchance de naître avant la croix, connaissait bien moins le cœur humain, que n’importe quel évangélique qui sait répéter « Bonhoeffer » ? Et l’apôtre Paul se trompait lorsqu’il écrivait aux Corinthiens : « Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui? » Voilà dans ce cas ce qu’il aurait dû dire : « Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l’homme, si ce n’est le Saint Esprit donné à la Pentecôte ? »

    Il n’en est absolument rien ! la faculté de comprendre le cœur humain, d’être perspicace vis-à-vis d’autrui, d’être pyschologue est un don naturel, un talent reçu de Dieu, que l’on a plus ou moins, comme être musicien ou pas. Salomon avait reçu cette sagesse, il suffit de lire les proverbes pour s’assurer qu’il était assez bon psychologue ! les païens même l’ont parfois été à un haut degré, Paul, qui connaissait ses auteurs en rend témoignage :

    Paul « Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. »

    Epictète : « Celui qui pèche ne fait pas ce qu’il veut, et fait ce qu’il ne veut pas. »

    Ovide : « Le désir me conseille une chose, la raison une autre. »
    « Je vois bien le parti le meilleur et je l’approuve ; mais je suis le plus mauvais. »

    Plaute : « Je savais bien comment je devais être, mais, malheureux que je suis, je ne pouvais le faire. »

    Sénèque : « Qu’est-ce donc qui, lorsque nous tendons d’un côté, nous entraîne de l’autre ? »

    Par contre, saisir l’Évangile, la grâce, le pardon acquis par Jésus-Christ, là c’est un tout autre domaine que celui de la psychologie : « De même aussi nul n’a connu les choses de Dieu, sinon l’Esprit de Dieu… ce sont des choses qui ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment. »

    Les gens intelligents votent un Tel ; le magister dit : « Bonhoeffer ! » et le catéchumène répète : « Bonhoeffer ! », ça c’est de la psychologie, simple et qui marche finalement assez bien… dans ses limites.

    • Yasmina Kouroughli

      Tout à fait d’accord avec vous ! Merci ça fait du bien…

  • Yoni Crabe

    Il y a en effet des limites à être suivi par un psy non-chrétien et c’est ce que j’ai ressentie par rapport à ma psy au bout d’un moment.

    Néanmoins j’avais volontairement choisi d’aller vers une non-chrétienne pour ne pas tomber direct dans le « cliché » péché/pas péché. Confesse-toi & prie. Je ne voulais pas que mon fonctionnement émotionnel se résume à cela.

    J’ai apprécie d’avoir une introspection « neutre » sur mes émotions, ma culture familiale, mes origines, etc. Hors de mon église, hors du contexte évangélique. J’ai ainsi pu comprendre mon fonctionnement et ensuite avec Dieu, accepter ce qui était de l’ordre de mon fonctionnement et confesser/changer ce qui était de l’ordre du péché. À mon sens, la relation d’aide & le suivi psy sont complémentaires. Et le combo peut vraiment faire grandir 🙂

    • Raph

      Merci @@yonicrabe:disqus pour ton commentaire !
      Tu as raison il y a, je pense, une bonne complémentarité entre les deux.