Souveraineté divine et responsabilité humaine sont réelles: 10 conséquences pratiques

L’étude de la compatibilité entre la volonté décrétée de Dieu sur toutes choses et la responsabilité réelle de l’homme est importante. La réduire à un exercice d’abstraction intellectuelle et philosophique, c'est passé à côté d'encouragements donnés par les Écritures.

Dans cet article, je veux donc souligner 10 exemples sur l'impact concret dans notre vie chrétienne du compatibilisme.

 

1) Regarder à la finalité de toute chose: Sa gloire.

Avant toute autre considération, nous devons nous rappeler que tous les décrets de Dieu concourent à exalter ses perfections infinies. Sa propre gloire est le motif le plus élevé qui puisse être pour lui!
Par la croix, Dieu déploie toute sa gloire en utilisant le plus grand mal jamais commis pour le détruire, et ainsi, accomplir le plan de la rédemption.
Cela démontre que Dieu est autant glorifié par le salut et le pardon qu’il offre librement à certains que par le jugement qu’il a réservé à d’autres. Et c’est là un profond mystère.

Je reconnais que tu peux tout, et qu’aucune réflexion n’est inaccessible pour toi. (Jb 42.2).

 

2) Ce que Dieu décrète lui appartient. Notre devoir est de toujours obéir à sa volonté morale.

La loi morale n’offre aucune autre exigence que celle de notre obéissance en toute circonstance. Notre péché n’a jamais d’excuse devant Dieu.
Un bon exemple de cela est l’expérience de David, que Dieu s’était choisi pour être roi à la place de Saül (volonté décrétée) .
Bien qu’étant le nouveau roi légitime aux yeux de Dieu, David n’a pas voulu éliminer Saül qui, pourtant, voulait le tuer.
Pour lui, cela revenait à pécher contre Dieu (ne pas respecter la volonté morale):

C’est à l’Éternel seul à le frapper, soit que son jour vienne et qu’il meure, soit qu’il descende au combat et qu’il y périsse. Que l’Éternel me garde de porter la main sur le messie de l’Éternel! (1S 26.10–11).

Nous ne pouvons jamais atténuer la gravité de notre responsabilité morale en prétextant que si on peut pécher, c’est parce que Dieu le permet. Pire, que quelque part, c’était sa volonté et que nous sommes rentrés dans ses plans. C’est rendre coupable Dieu de notre faute. Ce que Dieu décrète, ce n’est pas notre affaire. Obéir, si.

 

3) Un paradoxe: notre action est inutile mais indispensable.

Le premier verset du Psaume 127 souligne cette apparente contradiction à merveille:

Si l’Éternel ne bâtit la maison,
Ceux qui la bâtissent travaillent en vain ;
Si l’Éternel ne garde la ville,
Celui qui la garde veille en vain. (Ps 127.1)

Nous sommes dépendants de ce que Dieu a décrété de toute éternité. Il est au contrôle de tous les évènements. Mais ce n’est pas pour cela que nous ne devons pas prendre nos responsabilités (bâtir ou veiller). Inversement, tous nos efforts ne serviront à rien si Dieu en a décidé autrement.

 

4) Un réconfort: même au milieu du chaos, tout est sous son contrôle.

L’Éternel siégeait lors du déluge, L’Éternel siège en roi pour toujours. (Ps 29.10)

Notre Dieu est au ciel, il fait tout ce qu’il veut. (Ps 115.3).

Lors du pire évènement qu’ait connu l’humanité, Dieu était aux commandes. Dans un monde qui pourrait facilement nous sembler livré à l’effet papillon et au chaos, nous devons nous rappeler que Dieu gouverne tout. Nous ne devons donc pas nous fier aux apparences, mais à Dieu et ses promesses.

 

5) Reconnaître que tout ce qui m’arrive vient de sa main.

Nous savons, du reste, que toutes choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils… (Rm 8.28–29)

Si Dieu est souverain, y compris sur le mal qui nous arrive, cela veut dire que même nos blessures nous viennent de sa main. C’est lui qui nous émonde (Jn 15.1-8).
Nous ne comprenons que rarement les raisons de notre souffrance, mais nous pouvons toujours lui faire confiance. Pourquoi? Parce que nous savons que Dieu agit parfaitement selon sa sagesse et sa bonté envers tous les hommes.

Tout ce qu’il envoie est utile, rien de ce qu’il retire ne peut être utile — John Newton

 

6) Évangéliser, c’est aller à la recherche de ceux que Dieu a choisis avant la fondation du monde.

L’élection inconditionnelle et la grâce irrésistible ne nous dédouanent pas d’aller annoncer l’Évangile.
Au contraire, c’est ce qui fonde notre responsabilité. Dieu ne nous fait pas connaître d’avance qui sont ses élus, mais nous révèle comment il compte les atteindre: par son Église, qui annonce son Évangile, à toute sa création sans distinction.

 

7) Préserver un équilibre théologique indispensable.

Les deux doctrines, responsabilité humaine et souveraineté de Dieu, sont en tension.
Si nous sous-estimons la souveraineté de Dieu, alors nous serons découragés, accablés sous le poids de notre responsabilité.
Si nous sous-estimons notre responsabilité, nous deviendrons laxistes et fatalistes : « Peu importe, Dieu fait ce qu’il veut de toutes manières ».
Nous devons maintenir les deux doctrines unies car le compatibilisme touche au cœur de l’Évangile: si l’Homme n’est pas responsable moralement de ses actes, alors pourquoi la croix? Si Dieu n’est pas souverain, quel espoir?

 

8) Nourrir notre vie de prière.

Si j’oublie ma responsabilité, je dirai: « À quoi bon prier, Dieu fait ce qu’il veut? » Si j’oublie sa souveraineté, je multiplierai les prières dans l’espoir que Dieu puisse, peut-être, faire quelque chose un jour (si j’ai assez répété ma demande).
La prière n’est pas façon d’obtenir ce que nous voulons, dit Pablo Martinez, mais la façon de devenir ce que Dieu veut que nous soyons.
Cette compréhension nous invite à vivre une vie de prière intense, car elle prend en compte les deux pôles du compatibilisme (souveraineté de Dieu et responsabilité de l’homme) et les réconcilie.

 

9) Par la foi, prenons des risques audacieux!

Si les Syriens sont plus forts que moi, tu viendras à mon secours ; et si les Ammonites sont plus forts que toi, j’irai te secourir. Sois fort, fortifions-nous pour notre peuple et pour les villes de notre Dieu, et que l’Éternel fasse ce qui lui semblera bon ! (2 S 10.11–12).

Les deux frères, Joab et Abichaï étaient des soldats du roi David. À la guerre, ils ont pris de vrais risques. Mais ils l’ont fait parce qu’ils savaient que Dieu était souverain sur toutes choses et qu’il accomplirait, de toute façon, son plan.
Dans nos vies, on ne connaît pas d’avance les choix de Dieu. Mais notre connaissance de sa souveraineté doit se démontrer par des choix audacieux.

 

10) Par humilité, accepter ce qu’on ne peut comprendre.

Dieu a toujours des raisons pour ce qu’il fait, et a toujours raison de faire ce qu’il fait.
La raison humaine, elle, est limitée et obscurcie par son péché. Cela implique que nous ne sommes pas en capacité de discerner les motifs qui poussent le Créateur à agir, sauf s’il nous les révèle lui-même.
Tout ce que nous avons pour comprendre Dieu provient de ce qu’il a choisi de nous révéler de lui dans sa Parole. Reconnaissons-nous que c’est parfaitement suffisant pour nous permettre de vivre la vie à laquelle il nous appelle?

Éternel ! je n’ai ni un cœur arrogant, ni des regards hautains ;
Je ne m’engage pas dans des questions
Trop grandes et trop merveilleuses pour moi.
Loin de là, j’ai imposé le calme et le silence à mon âme (Ps 131.1–2)

Et vous, quelles sont les autres implications qui vous semblent importantes?

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Raphaël Charrier

A 17 ans Raphaël s'engage dans l'armée dont-il est renvoyé moins de deux ans après. Il reprend alors l'école et obtient le bac à 23 ans. C'est à ce moment qu'il découvre la personne et l'oeuvre de Jésus-Christ et place sa foi en lui pour être sauvé. Il poursuit ses études et obtient un diplôme d'Educateur Spécialisé. Il s'oriente ensuite vers des études de théologie pour se consacrer au service de l'Évangile. Diplomé de l'Institut Biblique de Genève, il est actuellement pasteur à l'Église Chrétienne Évangélique de Grenoble. Raphaël est marié à Marion et ils ont deux enfants.  

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