La réalité selon laquelle tout chrétien doit vivre afin de ne plus gâcher sa vie

De quoi voulez-vous être fier sur votre lit de mort?

Pourquoi les personnes qui répondent à cette question "avoir vécu pour Dieu, l'avoir aimé et servi de tout mon coeur" sont souvent les mêmes personnes qui passent 3h/jour devant des séries TV, des vidéos vides de sens sur YouTube, FaceBook et Instagram?

 

Nous vivons tous, moi le premier, dans certaines mesures cette incohérence. N’est-ce pas?

La raison de notre incohérence est simple

Au risque de vous paraître simpliste, je pense que la racine de ce problème s’explique par ce que la Bible appelle les “convoitises trompeuses” (Ép 4.22), ces désirs qui font la “guerre à l’âme” (1Pi 2.11).

Les convoitises de la chair nous poussent à chercher un plaisir immédiat: “Ha, c’est vrai, j’avais dit que je donnerai de mon temps pour… Ho !? un nouvel épisode disponible. Bon, promis, je le ferai quand cette série sera terminée”.
Les convoitises de la chair nous poussent à chercher une récompense trompeuse: “Combien de like sur mon selfie? Qui l’a commenté?”.

En revanche, vouloir vivre pour Dieu, implique souvent efforts, renoncements et souffrances.
Certaines bénédictions ne se produisent pas dans l’immédiat et c’est dans le temps que l’on voit les fruits de son engagement.

Nous vivons donc tiraillés entre ce que nous voulons vivre et ce que nous faisons de notre temps.
Nous reproduisons les comportements pervers du passé comme si nous n’avions pas de mémoire, ni aucune connaissance de leurs implications futures.
Pour gâcher sa vie, il suffit de continuer ainsi.

Comment réduire la différence entre ce que nous disons (vivre pour Dieu) et ce que nous faisons (gâcher son temps devant YouTube)?

Il y a plein de bonnes réponses à cette question et la repentance est essentielle au changement.

 

Il faut partir de la fin, pas du présent

Ici je voudrais remarquer une chose simple qu’avaient en commun les femmes et les hommes de la Bible qui ont vécu pour Dieu: c’est la fin de leur vie qui dictait leur présent.

Par exemple, la galerie d’Hébreux 11 nous rappelle cela:
C’est par la foi en les promesses à venir de Dieu qu’Abraham a quitté son confort pour aller vers l’inconnu (Hé 11.8–16). C’est par la foi en ce qui allait se produire qu’Israël a été invité par Moïse à célébrer la victoire de la Pâque (Hé 8.28). Idem pour Josué à Jéricho (Hé8.30) etc.

Regardez comment Paul décrit cette même motivation:

Ce n’est pas que j’aie déjà remporté le prix ou que j’aie déjà atteint la perfection ; mais je poursuis (ma course) afin de le saisir, puisque moi aussi, j’ai été saisi par le Christ-Jésus. Frères, pour moi-même je n’estime pas encore avoir saisi (le prix) ; mais je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et tendant vers ce qui est en avant, je cours vers le but pour obtenir le prix de la vocation céleste de Dieu en Christ-Jésus.(Ph 3.12–14)

 

…c’est à lui que nous devons d’avoir eu [par la foi] accès à cette grâce, dans laquelle nous demeurons fermes, et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu. Bien plus, nous nous glorifions même dans les tribulations, sachant que la tribulation produit la persévérance, la persévérance une fidélité éprouvée, et la fidélité éprouvée l’espérance.Or, l’espérance ne trompe pas, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné. (Rm 5.2–5)

 

J’estime qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire à venir qui sera révélée pour nous. (Rm 8.18).

Paul se conduisait au quotidien en fonction de ce qu’il savait de son destin. Autrement dit, la finalité doit dicter ce que nous faisons aujourd’hui.

 

La finalité seule donne le sens

Ce n’est pas sur son lit de mort que l’on doit se demander si on peut être fier de notre vie.
Je connais la fin du film. Je sais à quoi je suis appelé. Ainsi, aujourd’hui, je peux et je dois donc vivre dans cette direction.

À la lumière de la perfection et de l’excellence de la vocation céleste, à quoi bon les vidéos de “prank” sur YouTube, les heures, les soirées, les week-ends gâchés?

Ainsi, je réalise que pour combler le fossé entre ce que je dis et ce que je fais de ma vie, je dois m’en rappeler le but, la finalité chaque jour (Ép 4.1).

La fin de ma vie doit déterminer ma vie présente afin que celle-ci ait du sens. Rachetons le temps!

Raphaël Charrier

A 17 ans Raphaël s'engage dans l'armée dont-il est renvoyé moins de deux ans après... Suite à cela, il reprend l'école et obtient son bac à 23 ans. C'est à ce moment qu'il découvre la personne et l'oeuvre de Jésus-Christ. Il lui donne alors sa vie. Il poursuit ses études et obtient un diplôme d'Educateur Spécialisé. Il s'oriente ensuite vers des études de théologie car il veut se consacrer au service de l'Évangile. Diplomé de l'Institut Biblique de Genève, il est actuellement pasteur à l'Église Chrétienne Évangélique de Grenoble (ecegrenoble.fr) et également associé au sein de France Évangélisation. Raphaël est marié à Marion et ils ont deux enfants.  

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  • Richard H.

    Trois heures par jour à regarder des pranks sur YouTube, c’est quand même beaucoup ! Comme ensuite il faut passer trois autres heures à regarder une conférence de Tim Keller, un message de John Piper, un cours de Don Carson, et qu’on ne peut pas non plus faire l’impasse sur trois heures supplémentaires avec des documentaires sur Bonhoeffer, C.S. Lewis et Tolkien, c’est vrai qu’après ça la journée est bien entamée. On peut toujours dire que c’était pour apprendre l’anglais… cependant un vague sentiment d’être gavé et coupable persiste.

    A tout hasard une solution : plutôt que de perdre notre temps à regarder des YouTubes, faisons en ! Des YouTubes chrétiens naturellement. Ce ne sont pas les sujets originaux qui nous manqueront : Tim Keller, John Piper, Don Carson, Bonhoeffer, C.S. Lewis et Tolkien…