La phrase que j’ai toujours en tête quand on me confie un péché

Même si par le passé j’ai connu des formes extrêmes de péchés — et qu’il ne se s’écoulera pas un jour sans que je ne désobéisse — j’écoute parfois des personnes me partager des choses inimaginables pour moi. Le réflexe charnel est alors «je n’oserais jamais aller aussi loin! »

Nous sommes appelés à nous rendre redevables les uns envers les autres.
Hélas, ce moyen de grâce est minimisé dans notre culture qui encourage l’indécence et l’apparence, alors qu’il est dangereux de ne pas l’utiliser. J’ai écrit sur le sujet.

Comment recevoir la confession avec grâce?

Question importante, n’est-ce pas?
Toutes ces valeurs, ces intentions explosent en feu d’artifice dans mon cœur quand on me confie quelque chose:

Seigneur agi maintenant → que dit la Bible → grâce → repentance —> amour → sainteté → attention légalisme/laxisme → obéissance → pas de moralisme → importance prière → dépendance à l’Esprit → Espérance → Etc.→ Etc.

Dans mon esprit se déclenche une ingénierie pour avoir une écoute spirituelle à la gloire de Dieu et souhaite donner un encouragement rédempteur.

Après des années d’écoute et d’observation de ceux que j’appelais à l’aide lorsque je mettais des  »choses » en règle, j’ai appris à faire clignoter une phrase en rouge dans mon esprit.

Une simple affirmation résume toute l’attitude que je dois avoir:

« J’aurais pu être à sa place. »
Vous avez bien lu. Cette simple phrase renferme tout ce que je pense en regardant mon frère dans mon Groupe De Croissance, ou ce membre de mon église qui a besoin de vider son sac.

J’ai cet énoncé dans la tête parce que je sais que:

Je ne suis pas plus vertueux que lui

Je ne suis pas plus vertueux que la personne qui est en face de moi, mais pire qu’elle. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il ne s’agit pas d’un sentiment, mais d’un fait.
Le Saint-Esprit doit me le rappeler régulièrement, car je ne veux pas le croire.

Si, comme Paul, l’Esprit me convainc que je suis pire que l’autre (1 Tim 1.15), alors qu’il s’humilie devant moi, je pourrais lui rappeler toute la miséricorde. S’il Jésus me pardonne, il lui pardonne.
J’aurais pu être à sa place.

Rien n’est plus laid que mon orgueil émanant de ma sainteté

Il y a quelques mois, j’ai lu L’humilité, d’Andrew Murray (je vous en recommande sa lecture!).
Voici l’une des affirmations qui m’ont le plus fourni de grain à moudre:

Il n’y a pas d’orgueil aussi dangereux — parce qu’il n’y en a pas d’aussi subtil et d’aussi insidieux — que l’orgueil de la sainteté… Si nous ne considérons pas la nécessité de croître dans l’humilité, nous pouvons vivre d’illusions en croyant grandir en sainteté.

L’orgueil spirituel peut naître même de la repentance et de la modestie. Cet orgueil nous pousse à penser: « Quelle immaturité! Avant, j’étais à sa place, mais ça, c’était avant. »
Voici l’orgueil qui a précédé tellement de rechutes chez moi… Mais la grâce de Dieu m’enseigne à écouter l’autre en me disant : J’aurais pu être à sa place.
Murray rappelle à quel point les responsables chrétiens sont exposés à l’orgueil de la sainteté.

Demain je serai peut-être à sa place

Est-ce que le roi David s’imaginait un jour capable de commettre l’adultère et commanditer un meurtre? Et pourtant.
Pour Pierre, impensable de renier Jésus. Et pourtant, il l’a fait.
Les Écritures et l’histoire de l’Église nous donnent de tels exemples afin de nous prémunir de la présomption de notre prétendue vertu de demain.
Nous ne devrions jamais pronostiquer notre sainteté future, mais notre ferme espérance.
Dieu veut que nous nous préoccupions de notre sainteté d’aujourd’hui. Lui a soin de demain.

Demain, lorsque nous l’oublierons, nous serons alors à la place de l’autre. Nous aurons donc besoin que quelqu’un nous écoute et dise: « J’aurais pu être à ta place. »

Il n’est pas normal que je ne sois pas à sa place

C’est une grâce qui m’est accordée.
Tout fruit de la sanctification qui se manifeste dans ma vie est porté par l’Esprit. C’est lui qui crée en moi le vouloir et le faire, c’est lui qui me donne les forces pour obéir.
Sans l’Esprit de Dieu, je ne peux rien faire qui ne soit à la gloire de Dieu.

Si je ne suis pas ou plus concerné par le péché que me confesse l’autre, ce n’est pas normal. C’est anormal. C’est une grâce. Ni plus ni moins. Car la grâce est ce que Dieu nous donne que nous ne méritons pas.
À Dieu seul revient la gloire de notre Salut, à Dieu seul revient la gloire de notre sanctification.

 

Et vous, par quoi voulez-vous être animer durant vos moments de redevabilité?

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Raphaël Charrier

A 17 ans Raphaël s'engage dans l'armée dont-il est renvoyé moins de deux ans après. Il reprend alors l'école et obtient le bac à 23 ans. C'est à ce moment qu'il découvre la personne et l'oeuvre de Jésus-Christ et place sa foi en lui pour être sauvé. Il poursuit ses études et obtient un diplôme d'Educateur Spécialisé. Il s'oriente ensuite vers des études de théologie pour se consacrer au service de l'Évangile. Diplomé de l'Institut Biblique de Genève, il est actuellement pasteur à l'Église Chrétienne Évangélique de Grenoble. Raphaël est marié à Marion et ils ont deux enfants.  

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