Comment Jésus évangélisait-il?

Jésus est le meilleur maître pour nous apprendre à annoncer l’Évangile. Cet article vous propose de regarder d’un peu plus près comment Jésus évangélisait au travers de ses relations, parfois loin de nos méthodes stéréotypés.

Le point de départ: une situation unique

Jésus était connu pour être l’ami des pécheurs, pas pour avoir « des contacts » (Mt 11.19). Il utilisait les situations quotidiennes de la vie pour apporter son message: un repas, une altercation publique, une soirée avec ses amis, une rencontre fortuite… Il savait mieux que quiconque comment donner de la valeur aux moments passés avec les gens afin de les amener au Salut. Jésus utilisait ses relations pour annoncer l’Évangile de manière adaptée.
Ainsi, la plupart du temps, il n’évangélisait pas en tombant comme un cheveu sur la soupe.

La forme: un discours unique

Dieu n’a pas envoyé sur Terre un dictionnaire de théologie, mais son Fils. Or, quand j’évangélise je suis très concentré sur la technique ou la définition, et peu sur la relation. Je suis prêt à dégainer la méthode apprise dans tel livre ou lors de tel séminaire: les 4 lois spirituelles, Jn 3.16 en 3 min, savoir répondre en 2 points à la question de la fiabilité de la Bible, etc. Qui avons-nous en face de nous? Est-ce pertinent pour cette personne? Peu importe. Ce qui compte, c’est qu’elle entende les 4 lois spirituelles!
J’ai tendance à croire que si je n’ai pas tout dit (de la Genèse à la glorification éternelle en passant par la substitution pénale), je n’ai rien dit. Quand j’évangélise, je veux transmettre le menu XL full intégral. En faisant de la sorte, j’oublie le modèle de Jésus et risque de perdre mon interlocuteur dans une foule d’informations. Certes, si je ne croise la personne qu’une fois dans ma vie, je veux tout lui dire. Mais au quotidien, ce n’est pas comme cela que ça marche.

Regardez bien les conversations de Jésus, vous n’en trouverez jamais deux identiques, ni deux qui soient exhaustives. Jésus ne donne jamais une définition complète de l’Évangile. Pourquoi? Parce que Jésus parle à une personne en particulier, à un moment précis, pour toucher son coeur. Il met  donc en lumière un besoin bien particulier et montre comment Lui, il en est la solution. Il adopte à chaque fois une façon d’aborder l’Évangile bien précise, mais qui touche le coeur. Parfois il confronte (Jn 4.16-17), parfois il fait réfléchir (Jn 3.3), parfois il est direct, parfois il est indirect (Lc 6.36-50)… Jésus posait aussi beaucoup de questions (Jn 5.6, Lc 18.41) et illustrait ses propos de nombreuses paraboles. Bref, il faisait tout pour s’adapter à la personne à qui il parlait.

Jésus démontre par là que la façon de communiquer le message est aussi importante que le message lui-même. L’incarnation de Jésus et sa vie au milieu de nous démontrent que fond et forme sont indissociables.

Le fond: un message unique

Jésus rappelait sans cesse pourquoi il était venu: « Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs […] le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup » (Mc 2.17, 10.45).

Nous ne pouvons dissocier la présentation de la personne de Jésus de son oeuvre à la croix. Tous les chemins mènent à Rome dit-on. Cela veut dire que chaque chemin est unique, mais mène au même lieu. Et bien, si toutes nos conversations sont des chemins uniques, elles mènent néanmoins toutes à Golgotha et au tombeau vide. Si nous devons chercher à présenter le message de Jésus à quelqu’un selon l’angle le plus adapté à sa vie, le message de l’Évangile est le même pour tous. Jésus disait « Repentez-vous et croyez à la bonne nouvelle » (Mc 1.15). Son message est clair, il concerne notre besoin de repentance, et de croire en l’oeuvre de la croix pour être sauvé.

Le but: une action unique

Jésus conduisait systématiquement les personnes en face de lui à prendre une décision vis-à-vis de lui. Il n’est pas venu simplement pour informer, mais pour appeler à la foi et à la repentance (Mc 2.11, 10.21, Lc 10.20). Il y  a donc systématiquement un appel à l’action dans l’évangélisation de Jésus: comment répondre à son message? Par la foi ou par le rejet?
Je me rends compte que souvent nous oublions cette dernière chose. Nous accordons beaucoup d’importance à l’information, mais peu à l’invitation à faire un pas de plus en direction du Christ.

La motivation: un amour unique

Jésus a manifesté tout l’amour de Dieu pour nous. Même lorsqu’il bouscule son interlocuteur, il le fait par amour (Jn 10.21). Il agissait par amour pour le Père et pour nous. Personne n’a jamais aimé  votre interlocuteur comme Jésus l’aime. À Rebecca Pippert de conclure logiquement:

La plupart des personnes ne seront guère intéressées par l’Évangile tant que nous ne leur aurons pas manifesté de l’intérêt et de l’amour. Si nos auditeurs ne ressentent pas que ce qui nous motive à annoncer l’Évangile c’est l’amour seul, tous nos efforts risquent d’être perçus comme « une pièce de bronze qui résonne ou une cymbale qui retentit » (1Co 13.1)

 

 

 

Raphaël Charrier

A 17 ans Raphaël s'engage dans l'armée dont-il est renvoyé moins de deux ans après... Suite à cela, il reprend l'école et obtient son bac à 23 ans. C'est à ce moment qu'il découvre la personne et l'oeuvre de Jésus-Christ. Il lui donne alors sa vie. Il poursuit ses études et obtient un diplôme d'Educateur Spécialisé. Il s'oriente ensuite vers des études de théologie car il veut se consacrer au service de l'Évangile. Diplomé de l'Institut Biblique de Genève, il est actuellement pasteur à l'Église Chrétienne Évangélique de Grenoble (ecegrenoble.fr) et également associé au sein de France Évangélisation. Raphaël est marié à Marion et ils ont deux enfants.  

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