Je vous présente l’un de mes héros: Wiliam Carey

Si la plupart d'entre nous connaissons Mariah Carey, peu d’entre nous connaissent William (ils ne sont pas de la même famille, enfin je crois). Wiliam Carey est l'un des personnages les plus importants de nos 2000 ans d'histoire. Et pourtant, il est très peu connu. Je vous propose de découvrir en quelques lignes sa vie et sa vision de la mission.

Si Mariah Carey s’est construit son empire (je n’ai rien contre elle), William, lui, a sacrifié sa vie pour le royaume de Dieu et légué un héritage d’une valeur inestimable à l’Église.

Je vous propose  de tirer quelques encouragements de la vie de Carey, l’un des plus grands missionnaires de l’histoire de l’Église.

À titre personnel, cet homme est l’un des personnages de mes héros: sa foi, sa compréhension du Grand Mandat, son intelligence et sa persévérance m’encouragent et me montrent l’exemple.

William Carey : le père de la mission moderne

Carey est né en Angleterre en 1762.

D’une famille de tisserands, à 14 ans il devient apprenti cordonnier.
Autodidacte, il était passionné par les sciences naturelles et par l’étude des langues. Tout en travaillant comme artisan, il a développé ses connaissances et a appris les langues bibliques (le grec et l’hébreu) ainsi que le latin, le français et le néerlandais.

Carey est baptisé en 1783 dans l’Église Baptiste. Il devient prédicateur laïc, puis pasteur tout en continuant à étudier assidûment la théologie de Jonathan Edwards… et les écrits de James Cook le grand explorateur.

Il développe ainsi petit à petit sa pensée missiologique et théologique forte, ainsi qu’une bonne vision du monde.

C’est un homme qui a acquis une méthode de travail quasi scientifique, un chrétien dont la foi intrépide n’est pas extravagante en ses intentions et ses inventions, mais est rigoureusement contrôlée par une étude systématique de l’Écriture et un non moins méthodique examen de tous les aspects du problème, tant pratiques que théoriques.
C’est un homme qui réfléchit, pèse et pose les problèmes sous tous les angles possibles. Mais ayant tiré une conclusion logique et nécessaire, il n’en démord pas. (W. Deauville)

En 1791, Carey expose son idée de créer une société missionnaire à un groupe de pasteurs baptistes.

C’est sa fameuse Enquiry, dont voici le titre complet :

Enquête sur les obligations des chrétiens à s’employer à la conversion des païens et dans laquelle sont considérés l’état religieux des différentes nations du monde, le succès d’entreprises missionnaires dans le passé, et la possibilité de nouvelles tentatives de ce genre.

Le titre est du moins très exhaustif ! Il nous permet de dégager les quatre éléments constitutifs de sa vision de la Mission :

  1. Le fondement scripturaire de la responsabilité individuelle du chrétien dans l’engagement dans la mission
  2. La prise en compte globale de l’état des croyances chez les non-chrétiens
  3. L’étude de l’histoire de la mission
  4. Les opportunités missionnaires présentes

The Enquiry : l’élaboration d’une vision globale de la mission

Dans son Enquiry, Carey développe cinq grandes sections pour déployer sa vision :

  1. Tout commence par l’ordre de Jésus-Christ

Carey avait saisi que l’ordre de mission de Christ est pour tous les disciples. Pour Carey, la Mission doit être remplie par l’Église, car elle provient d’un ordre de Christ. Ni plus ni moins.

Cela peut nous sembler banal, mais en mesurons-nous les implications dans nos choix de vie ?

  1. Rétrospective de l’œuvre missionnaire de l’Eglise depuis la Pentecôte

Carey a pris soin d’étudier l’histoire de la mission et d’en retirer les enseignements universels. Le modèle des frères moraves ressort particulièrement dans son enquête, mais il a aussi pris le soin de ne pas tomber dans leurs travers.

Sa connaissance de l’histoire de la mission lui a permis de tirer parti du meilleur de la mission et d’identifier des principes missiologiques transculturels et intemporels.

  1. Un travail analytique de la population mondiale d’un point de vue démographique, politique, social, culturel et religieux.

Ce que je trouve remarquable avec Carey, c’est qu’il a voulu privilégier une stratégie globale de la mission avant de porter son regard sur un peuple en particulier. Ainsi, son Enquiry comportait des données statistiques qui permettaient de classer les populations, d’identifier des lieux géographiques clés pour la mission.

Carey a compris qu’il était important de connaitre son prochain.

Effectivement, le Nouveau Testament ne nous donne pas une méthode rigide pour présenter l’Évangile. Que ce soit Christ lui-même ou les différents acteurs du livre des Actes, nous ne trouvons pas deux présentations identiques dans la forme.

Le message est invariable, sa présentation elle est adaptable.

Son but était de créer un modèle de société missionnaire qui aurait pour ambition d’atteindre tous les peuples de la Terre.

  1. Examen et réfutation des oppositions de l’Église à l’engagement dans la Mission.

Je n’ai pas la place ici de développer ce point, mais il est intéressant de noter que William Carey avait à cœur de convaincre et de mobiliser derrière lui pour la Mission.

  1. Rappel de la souveraineté de Dieu et l’aide du Saint-Esprit envers ceux qui s’engagent dans la Mission.

En conclusion de sa dernière partie, Carey rappelle l’importance de la centralité de la prière dans l’œuvre missionnaire avant de conclure ainsi:

Supposons que se forme une société pour atteindre les fins que j’ai essayé de définir […] il faudrait veiller à ce que les missionnaires envoyés fussent désintéressés et de moralité au-dessus de tout conteste.

Un plaidoyer pour la mission

Par son travail de recherche et de réflexion, William Carey a ainsi dressé le tableau de l’état de l’évangélisation du monde et imaginé une société missionnaire qui pourrait aller parmi tous les peuples… à l’aube de ses 30 ans. Rendez-vous compte ?!

En 1792, il fonde la Baptist Missionary Society qui aura pour budget l’équivalent de 30€. Il dira ce jour-là :

Ô grand Dieu, ce sont tes plus grands œuvres qui ont eu ici-bas les plus petits commencements.

En 1793, il quitte enfin l’Angleterre accompagné de sa famille et d’une équipe pour les Indes où il mourra 40 ans plus tard.

Durant toute sa vie, son équipe met ses principes missionnaires en pratique: ils apprennent la langue et traduisent le Nouveau Testament en Bengali.
Ils recherchent l’autonomie financière, la vie communautaire de l’Église locale naissante et la formation de leaders autochtones.

Ce n’est que huit ans après l’installation de l’équipe missionnaire que se produit la première conversion d’un hindou!
L’équipe possède à cette époque une imprimerie et édite la Bible.

Pour Carey, apporter la Parole de Dieu dans la langue vernaculaire était sa priorité. Carey traduira donc la Bible dans tous les dialectes, écrira des ouvrages de grammaire en sanskrit afin de faciliter la traduction et les échanges entre les missionnaires et Indiens.

En 1818, il fonde le Serampore College qui a pour vocation de former les ministres du culte locaux. De nombreux missionnaires rejoindront Carey aux Indes puis dans toute l’Asie.

Si nous aimons lire les biographies d’un Charles Studd ou d’un Hudson Taylor, c’est parce qu’il y a eu W. Carey avant eux.

Aujourd’hui encore la BMS est engagée dans 34 pays dans le monde.

Carey rend l’âme le 9 juin 1834. Ses funérailles se déroulent au sein d’une intense émotion parmi une grande foule où se reconnaissent les élites européennes et indiennes de Calcutta, et devant toutes les hautes autorités du gouvernement.

Il a rédigé lui-même depuis longtemps son épitaphe :

William Carey Né le 17 août 1761, mort le 9 juin 1834
Un misérable, un pauvre et impuissant ver de terre. En tes bras miséricordieux, je m’abandonne.

 

5 Enseignements pour nous aujourd’hui

1/ Le temps de Dieu

Au-delà de ses capacités, si Carey a pu développer sa vision de la mission, c’est parce que Dieu a souverainement posé tout un contexte permettant son accomplissement. Deauville l’analyse ainsi :

Les faits d’ordre géographique : par une coïncidence frappante, que beaucoup penseront providentielle, les voyages de James Cook à travers les mers australes et les îles innombrables dont elles sont semées, courages qui se terminent en 1779 par la mort de l’explorateur, parlent en même temps aux imaginations et les font voyager vers ces pays nouveaux, si pleins de séductions naturelles et, par la suite, vers ces hommes, leurs habitants, restés primitifs et païens, que l’inconnu même et le mystère parent d’une décevante, mais irrésistible poésie.

Faits d’ordre politique : la Révolution française, la chute soudaine d’une société séculaire, l’avènement d’un monde nouveau à travers des consultions tragiques, des crimes et des guerres, il y avait là encore ample matière pour les âmes chrétiennes à réflexions, à repentir, à saintes et héroïques résolutions.
C’était l’heure où un Carey pouvait paraître et réussir.

Dieu est le Dieu des nations, de l’Histoire et de l’Histoire de la rédemption. Avec toute sa foi, sa vision et son intelligence, Carey n’aurait rien pu faire sans que Dieu ne lui ouvre le champ missionnaire.

Cela nous rappelle le commandement de Christ donné à ses disciples: “La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson.” (Luc 10.2)

2/ La foi

Ce qui me frappe le plus chez Carey, c’est sa foi. A 30 ans, avec 30€ dans les poches, il voulait évangéliser le monde. Quel zèle !

Sa foi reposait sur une connaissance personnelle de Jésus Christ et un désir total d’obéissance à son Mandat missionnaire.

Le missiologue R. Anzenberger définit le disciple comme étant “quelqu’un qui suit Jésus-Christ et poursuit sa mission”. W. Carey en est l’incarnation.

Les fruits mirent du temps à venir et les épreuves furent nombreuses. Cependant, Carey démontra une persévérance sans faille dans son ministère. C’était l’expression d’une foi solide ainsi qu’une conscience de son appel divin:

 Malgré tout, je possède Dieu. Sa Parole est la vérité ; et quand bien même les superstitions du paganisme seraient mille fois pires qu’elles ne m’apparaissent actuellement, quand je serai abandonné des miens et persécuté de tous, mon espoir fondé sur sa Parole demeurera plus haut que tous ces obstacles ; il triomphera de toutes ces épreuves.
La cause de Dieu sera victorieuse, et je ressortirai de ces angoisses semblables à de l’or éprouvé par le feu.

3/ L’ardeur dans l’étude

Carey n’est jamais passé par un institut ou une faculté de théologie. Cela n’en fait pas pour le moins un érudit.

De condition humble, il a démontré un désir et une capacité à étudier qui lui ont permis d’acquérir les connaissances nécessaires à une telle œuvre. Sans des années passées derrière son bureau avec les livres ouverts, il n’aurait jamais pu développer une telle vision.

Pour moi qui n’ai encore pas fait grand-chose dans ma vie, W. Carey est un modèle de préparation. Nous vivons dans un monde où tout va vite et où nous voulons réussir encore plus vite.

Alors que j’admire volontiers les héros de la foi pour leurs résultats, je me rappelle alors que je dois surtout les imiter dans leur travail.

Carey a pris le temps de se préparer en travaillant dur.

4/ Les leaders sont des influenceurs

William Carey a eu l’intelligence de chercher avant tout à convaincre les bonnes personnes, celles qui avaient les clés de la réussite de son projet.

Loin d’un discours naïf ou reposant sur les mécanismes émotionnels, Carey leur a présenté magistralement le fruit de son travail de recherche. Il était donc en mesure de répondre aux questions et aux oppositions, car il avait anticipé toutes les objections possibles. Un modèle d’exercice et de leadership.

De plus, Carey n’avait pas pour ambition de devenir un théoricien de la mission. Il voulait être dans le champ de la moisson.

En tant que leader d’équipe, il a pris ses responsabilités en étant le fer de lance de ses missionnaires et le porteur de la vision sur place.

5/ Une vision holistique (intégrale) du ministère

Il voulait faire du bien à la population et a cherché à incarner les valeurs du royaume de Dieu aux Indes. Pour cela il a vécu au milieu des gens et selon leur modèle de vie.

Par exemple, il prit position auprès des autorités pour lutter contre des injustices et des discriminations, enseigna et constitua des outils de traduction et de grammaire, etc.

Ce qui est admirable c’est de constater que William Carey a développé les structures qui accompagneraient le développement de la mission. Partit de rien il créa une imprimerie pour la diffusion de la Bible, une faculté (la première du pays) pour la formation des responsables locaux.

Conclusion

Le modèle qu’a laissé W. Carey influence encore aujourd’hui les missions. Sa force fut qu’en plus de sa foi et de son fardeau missionnaire, il étudia l’histoire de la mission et son époque afin de développer un travail efficace pour l’œuvre du Seigneur.

Il manifesta dans toute sa vie qu’il était profondément convaincu de l’action de Dieu et qu’il ne lui revenait aucune gloire.

On dit que lorsque l’un de ses disciples vint à lui pour réaliser un entretien, Carey lui recommanda :

Ne parle pas de William Carey, parle du Sauveur de Carey.

Dans l’histoire de William Carey, le personnage central est Jésus-Christ lui-même.

 

PS : les citations de Carrey sont tirées de la biographie écrite par Robert Farelly.

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Raphaël Charrier

A 17 ans Raphaël s'engage dans l'armée dont-il est renvoyé moins de deux ans après. Il reprend alors l'école et obtient le bac à 23 ans. C'est à ce moment qu'il découvre la personne et l'oeuvre de Jésus-Christ et place sa foi en lui pour être sauvé. Il poursuit ses études et obtient un diplôme d'Educateur Spécialisé. Il s'oriente ensuite vers des études de théologie pour se consacrer au service de l'Évangile. Diplomé de l'Institut Biblique de Genève, il est actuellement pasteur à l'Église Chrétienne Évangélique de Grenoble. Raphaël est marié à Marion et ils ont deux enfants.  

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