Élections Présidentielles: 3 consignes de vote (par la foi)

Dans quelques jours, nous allons élire l'une des personnes les plus puissantes de la planète. Les médias sont en ébullition! De la cafétéria aux vestiaires, en passant par les diners en famille, la France ne parle que de ça. Une fois dans l'isoloir, comment voter par la foi?

Dans un précédent article, je rappelais que le "tous pourris" n'est pas une excuse valable pour rejeter notre responsabilité citoyenne.

Dans celui-ci, je rappelle 3 consignes de vote par la foi.

 

1/ Votez… soumis à Dieu!

À des chrétiens qui vivent sous la persécution et dans le cadre de la dictature impériale de Rome, Pierre ordonne:

À cause du Seigneur, soyez soumis à toute institution humaine soit au roi comme souverain, soit aux gouverneurs comme envoyés par lui pour punir ceux qui font le mal et louer ceux qui font le bien (1P 2.13–14).

C’est bien parce que nous savons que c’est Dieu lui-même qui établit toute institution que nous devons y participer. De plus, nous devrons nous soumettre au résultat du vote, à cause du Seigneur.

Ce ne sera peut-être le dernier candidat que vous auriez choisi, mais ce sera celui établi par Dieu:

1Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a pas d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées par Dieu. 2C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre de Dieu, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes. 3Les gouvernants ne sont pas à craindre quand on fait le bien, mais quand on fait le mal. Veux-tu ne pas craindre l’autorité ? Fais le bien, et tu auras son approbation, 4car elle est au service de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, sois dans la crainte ; car ce n’est pas en vain qu’elle porte l’épée, étant au service de Dieu pour (montrer) sa vengeance et sa colère à celui qui pratique le mal. 5Il est donc nécessaire d’être soumis, non seulement à cause de cette colère, mais encore par motif de conscience.
6C’est aussi pour cela que vous payez les impôts. Car (ceux qui gouvernent) sont au service de Dieu pour cette fonction précise. 7Rendez à chacun ce qui lui est dû : la taxe à qui vous devez la taxe, l’impôt à qui vous devez l’impôt, la crainte à qui vous devez la crainte, l’honneur à qui vous devez l’honneur. (Rm 13.1–7).

Et oui… les hommes et les femmes politiques sont des dons de Dieu… (parfois difficile à croire^^).

Dieu utilise qui il veut et comme bon lui semble pour accomplir ses desseins. Un exemple parmi tant d’autres: Cyrus. Qui aurait pu imaginer que Dieu l’utiliserait pour délivrer son peuple? (Es 45; 2Chro 36, voir aussi Os 13.11). Ses plans nous dépassent souvent, mais ce sont les siens.
Ceci nous conduit naturellement au point suivant!

 

2/ Votez… confiant en Dieu!

Ce Proverbe est l’un de mes préférés sur la souveraineté de Dieu:

Le cœur du roi est un courant d’eau dans la main de l’Éternel, Il l’incline partout où il veut. Toutes les voies de l’homme sont droites à ses yeux; mais celui qui pèse les cœurs, c’est l’Éternel. Pratiquer la justice et le droit, voilà ce qui est, pour l’Éternel, préférable aux sacrifices. (Pr 21.1–3)

Il ne faut pas croire que la démocratie se joue sans Dieu (Ps 33.10). Derrière chaque femme ou homme d’État, il y a le choix souverain de Dieu.

Conséquence? Comme pour tous les domaines ayant trait aux implications de la souveraineté de Dieu, nous ne pouvons pas rejeter notre responsabilité et dire: “de toute façon, si c’est Dieu qui décide, ça ne sert à rien que je m’y intéresse.”
Au contraire, c’est précisément parce que Dieu est aux manettes que nous devons agir dans la confiance!

C’est donc dans cette perspective que nous, chrétiens, devons prêter attention à ce à quoi Paul exhorte l’Église:

…en tout premier lieu, à faire des requêtes, prières, intercessions, actions de grâces, pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui occupent une position supérieure, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et dignité. (1Tm 2.1–2)

  • Même si vous n’êtes satisfait ( un bien grand mot?) par les deux finalistes, prions pour eux, pour leur famille, pour leurs conseillers.
  • Prions pour notre pays, pour celui ou celle qui nous représentera auprès des autres nations.
  • Prions Dieu afin que l’homme ou la femme élu(e) ne soit pas un instrument de jugement mais de bénédiction pour notre pays. Qu’Il incline son cœur à tout ce qu’Il aime.
  • Prions pour que ce soit quelqu’un qui respecte la dignité intrinsèque de chaque personne et unisse le pays autour d’un projet de paix, de justice.
    Enfin, comme le suggère Paul, prions pour que l’Église puisse continuer de vivre publiquement et paisiblement selon l’Évangile sous le mandat du prochain président.

 

3/ Votez… selon la Parole de Dieu!

Faut-il s’attendre à ce que tous les évangéliques votent pour le même candidat ? Aucun candidat ne répondra à toutes les exigences éthiques de la Bible, et cette analyse de Sébastien Fath démontre que nous ne sommes pas tous aussi sensibles aux mêmes sujets…

En effet, pour certains d’entre nous, les grands enjeux de notre époque sont l’égalité de la valeur intrinsèque de tous les hommes et la famille. Pour d’autres, le respect de la vie et de la planète. Pour d’autres encore, la justice et la lutte contre la pauvreté…

Autant de sujets importants dans la Parole, dont les implications sont aussi nombreuses que complexes.

Faudrait-il donc voter “selon sa conscience”?

Oui, mais n’oublions pas que la conscience non éclairée n’est gage de rien dans les Écritures (Ro 2.15).

Ainsi, chacun de nous doit agir en connaissance des programmes électoraux et les analyser à la lumière de la volonté morale révélée de Dieu.

Un piste pratique? On dit souvent: au premier tour de la présidentielle, on vote par choix (en général), au deuxième pour éliminer. Personnellement, je me demande si le plus simple n’est pas de voter contre le candidat le plus éloigné de la vision biblique du monde?

Petit rappel: vous trouverez ici un très bon document du CNEF, Les évangéliques en France, convictions.

 

Un jour, nous n’aurons plus à voter!

Winston Churchill disait de la démocratie qu’elle est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres. Une chose est sûre, elle démontre quotidiennement qu’elle n’est pas la panacée aux problèmes des hommes… La fragilité des nos institutions me renvoie à l’inébranlable royaume de Dieu.

Ma joie est donc de me rappeler que, prochainement, les vicissitudes de notre monde seront effacées par le règne parfait de Christ.
En votant, je me rends totalement solidaire de mes concitoyens. Mais dans l’isoloir, je me rappellerai que je suis, avant tout, citoyen des cieux… étranger et voyageur ici-bas.
Je ne suis pas fait pour la démocratie, mais pour le règne glorieux du Christ à venir. (Ep 2.19, Hé 11.10, Hé 11.13)

En attendant, que Dieu nous donne de voter par la foi et à la lumière de sa Parole, et rien d’autre…

Raphaël Charrier

A 17 ans Raphaël s'engage dans l'armée dont-il est renvoyé moins de deux ans après... Suite à cela, il reprend l'école et obtient son bac à 23 ans. C'est à ce moment qu'il découvre la personne et l'oeuvre de Jésus-Christ. Il lui donne alors sa vie. Il poursuit ses études et obtient un diplôme d'Educateur Spécialisé. Il s'oriente ensuite vers des études de théologie car il veut se consacrer au service de l'Évangile. Diplomé de l'Institut Biblique de Genève, il est actuellement pasteur à l'Église Chrétienne Évangélique de Grenoble (ecegrenoble.fr) et également associé au sein de France Évangélisation. Raphaël est marié à Marion et ils ont deux enfants.  

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  • Thomas

    Merci pour cet article mais pour moi le vote pour un chrétien est d’abord une question de conscience (j’ai voté au premier tour et ne voterai pas au second) et je ne vois rien dans la Bible qui puisse encourager un chrétien à se rendre dans l’isoloir.

    L’argument selon lequel « C’est bien parce que nous savons que c’est Dieu lui-même qui établit toute institution que nous devons y participer. » ne me convainc pas du tout :-/

    Pouvez-vous développer cette pensée svp ?

    Merci beaucoup pour votre travail

    • Raphaël Charrier

      Merci pour l’encouragement Thomas !
      Ma réflexion est celle-ci: Dieu établit les institution lui-même, et pour notre bien. Si nous avons l’opportunité d’être dans une institution qui implique un droit de vote, nous devons y participer. Ceci dit, je pense que si on a le devoir de participer, on n’a pas l’obligation de trancher. On a le droit de ne pas être convaincu et de vouloir s’abstenir. Pour cela il y a le vote blanc. Même si dans le principe, cela ne le différencie pas de l’abstention, dans les faits, nous faisons la démarche de participer. Suis-je plus clair ?

      • Thomas

        Bonjour,

        Oui c’est plus clair merci pour la réponse. Mais ce n’est pas parce que Dieu a établi les institutions que nous devons participer à tout ce que font ces institutions. Le vote n’est pas obligatoire en France et on peut envisager que des chrétiens soient empêchés par leur conscience de choisir entre des candidats et des philosophies qu’ils désapprouvent. Les premiers chrétiens participaient-ils de quelque manière à la vie politique de l’empire romain ? Si oui comment ? Le faisaient-ils tous ?

        Fraternellement

        Thomas

  • Emmanuel Hechon

    Bonjour Raphaël,

    J’espère que tu te portes bien.

    Merci pour tes rappels importants.

    Je comprends que tu viens d’une position où, pendant un temps, tu ne votais pas pour de mauvaises raisons et que tu as changé cela. Mais n’es-tu pas en train de supposer maintenant qu’il faille voter et ainsi mettre sur la conscience des gens quelques choses qu’ils n’ont pas à porter ?

    A l’époque du Nouveau Testament, nous savons qu’il y avait des hommes libres dans les Eglises, ce qui signifient qu’ils avaient le pouvoir de voter. Pourtant jamais à aucun moment, il n’est dit que de voter est une valeur chrétienne, seule la valeur de se soumettre, malgré les injustices, au gouvernement en place, est chrétienne.

    Ne mets tu pas sur la conscience des gens le fait que voter est une chose chrétienne à faire alors que Dieu ne nous y oblige aucunement. En faite, l’Ancien Testament (1 Sam 8) nous laisse plutôt penser que l’existence d’un gouvernement étatique est forcément néfaste pour la population.

    Il est tout à fait chrétien de penser que :
    – Dieu n’a confié qu’un seul pouvoir à l’autorité : punir le mal.
    – le mal est défini non pas par vote, mais par la loi de Dieu
    – dit autrement : le seul pouvoir qu’a un état est celui de faire appliquer la loi de Dieu
    – l’état français s’est usurpé des droits que Dieu ne lui a pas donné : il se présente comme celui qui détermine le bien et le mal dans tous les domaines de la vie (éducation, économie, éthique…)
    – voter, c’est admettre que le gouvernement français a le droit de diriger toute notre vie, comment nous devons éduquer les enfants, le contenu de ce que nous devons leur enseigner, ce qu’il y a de permis ou pas au niveau sexuel, à quel prix je peux fournir mon travail (exemple : même si mon Eglise et moi serions ok pour que je travaille à 5€ de l’heure, nous n’en avons pas le droit… résultat : je ne peux pas travailler et elle ne peut pas avoir de pasteur rémunéré), déclaré – en mon nom – que je suis en guerre contre le Daesh alors que Jésus m’appelle à aimer mes ennemis, bombarder des innocents, là aussi en mon nom, parce que quelqu’un de leur nationalité à fait exploser une bombe en France…
    – cette prémice que l’état Français peut prendre toutes ces décisions est fausse
    – il ne faut donc pas que je vote.

    J’ai un peu écrit sur le sujet :
    http://eglise-baptiste-de-marchiennes.fr/dois-je-etre-royaliste-si-je-suis-chretien/
    http://eglise-baptiste-de-marchiennes.fr/chretien-tu-as-aussi-le-droit-de-ne-pas-voter/
    http://eglise-baptiste-de-marchiennes.fr/chretien-tu-peux-meme-voter-pour-marine-le-pen/

    Je ne vote pas et je le fais par conviction chrétienne, pas par paresse intellectuelle ou physique, ni par désintérêt mais parce qu’il me semble que le principe de base de la démocratie est mauvais selon la Bible.

    Ma position n’est pas vraiment importante, je veux parler plus de notre rôle en tant que pasteur : ne devrions nous pas nous borner à dénoncer le mal fait par nos gouvernements et laisser les membres de notre Eglise sans leur laisser penser qu’un choix est plus chrétien qu’un autre et que Dieu prendre autant plaisir dans celui qui a voté, quelque soit le candidat, ou celui qui n’a pas voté.

    Un des messages clairs que j’ai fait passé dans l’Eglise où je suis est que si je ne veux pas voter, chacun est libre de voter pour qui il veut, même Marine Le Pen et que personne n’a le droit de diviser l’Eglise sur la position qu’il prend pendant les élections, que ce soit l’abstention, le vote blanc, ou le vote pour un candidat particulier.

    Je serais heureux d’appronfondir ma réflexion avec toi.

    Quoiqu’il en soit, que la grâce t’accompagne,

    Emmanuel

  • Emmanuel Hechon

    Bonjour Raphaël,

    J’espère que tu vas bien.

    Je ne comprends pas ce qui se passe je t’avais mis un commentaire qui est marqué comme spam. En attendant que la situation se résolve, je te résume rapidement ce que je disais.

    Je te remercie de tes rappels qui peuvent être utile.

    Je comprends, d’après ton post précédent, qu’au départ tu ne votais pas pour de mauvaises raisons et que maintenant tu votes parce que tu as changé ta façon de penser.

    Mais j’ai peur que cela te conduise à mettre sur la conscience des gens un fardeau que Dieu ne leur donne pas. Tes propos disent que LA position chrétienne est de voter. Je ne comprends pas pourquoi.

    Parmi les chrétiens des temps apostoliques, il y avait des hommes libres, la Parole ne leur demande pas de voter. En l’absence de ce clair commandement, je ne vois pas pourquoi nous, ministre de la Parole, pouvons imposer le vote à ceux que nous enseignons.

    Je n’arrive pas à comprendre pourquoi la conscience du chrétien, éclairée par la Bible, pourrait lui dire : « vote pour Emmanuel Macron », « vote blanc », « vote pour le Le Pen » mais ne pourrait pas lui dire « ne vote pas ».

    Je trouve très bien que tu te mettes à voter après que tu te sois rendu compte que tu n’avais pas de raison juste de voter. Mais tu ne peux pas exclure le fait que certains chrétiens ont des raisons justes de ne pas voter. Leur choix est alors aussi légitime que celui de mettre un bulletin dans une urne. Ils plaisent alors à Dieu autant que ceux qui votent pour une bonne raison. De la même manière, beaucoup qui votent pour de mauvaises raisons font quelque chose qui déplait à Dieu autant que ceux qui ne votent pas pour de mauvaises raisons.

    Je serais heureux d’avoir ton éclairage et te mieux comprendre pourquoi il te semble nécessaire de dire que le vote est la seule position chrétienne acceptable.

    Quoiqu’il en soit, que la grâce t’accompagne Raphaël.

    Emmanuel

    • Raphaël Charrier

      Salut Emmanuel,
      merci tu me pousse à être plus précis!
      Ce que je pointe, c’est que ne pas voter pour la raison du « tous pourris » n’est pas suffisante.
      Je pense en revanche (et j’aurai probablement pu le mettre dans l’article) que ne pas vouloir voter par conviction que le faire nourrirait un système qui irait à l’encontre du bien de l’humanité, de la liberté des chrétiens, alors ce serait une bonne raison.

      À part cela, l’argument du silence concernant les hommes libres ne me convainc pas… Au contraire, je pense qu’une application que nous pouvons tirer des textes comme Ro 13 ou celui de Pierre, va plutôt dans le sens de la participation par soumission à l’institution politique que Dieu a établi.

      On pourrait aussi me rappeler que voter est un droit, pas une loi. Mais, franchement, je pense que si nous avons une constitution nous donnant le droit afin de choisir (ou de récuser) nous devons l’utiliser car la démocratie va dans le bon sens par rapport à une dictature…

      Je ne dis pas non plus que le Saint-Esprit va donner LA consigne de vote. Je dis que si nous votons, nous devons le faire en connaissance de la Parole. Pas simplement par séduction d’un discours politique.

      Enfin, mon but n’est pas de culpabiliser, mais d’interroger. Si ça semble être le cas, c’est qu’il faut que je progresse et sois plus fin…
      Je t’assure que le fait politique n’est pas un cheval de bataille pour moi…

      Est-ce que je réponds à tes remarques ?

      Bien à toi,

      • Emmanuel Hechon

        Merci pour ta clarification.

        J’ai de très bons souvenir de notre année ensemble à l’IBG et des échanges que nous avons eus. Par ces échanges et par ce que j’ai pu lire de toi jusqu’à présent, j’en connais assez pour savoir que la politique n’est pas ton cheval de bataille.

        Je ne voulais surtout pas dire que ton but était de culpabiliser. J’avais peur que ce soit une conséquence de ce que tu écrivais parce que tu ne semblais pas donner l’option de ne pas voter.

        J’avais bien compris que tu ne pensais pas que le Saint-Esprit donnait la même consigne à tous ou quelque chose de semblable. Mais il semblait qu’il ne pouvait nous guider, par la Parole, que vers l’action de voter. En fait, pour enlever l’ambiguïté, il aurait suffit de formuler de telle sorte que nous comprenions que de ne pas voter est une option.

        Sur le site de l’Eglise, j’avais donné pour titre de mes articles :
        – le chrétien doit-il être royaliste
        – chrétien, tu as le droit de ne pas voter
        – chrétien, tu as le droit de voter, même pour Marine Le Pen

        De cette manière, il était clair que je ne donnais pas de consigne, mais que j’appelais l’Eglise à être unie au-delà des différences de convictions politiques.

        Pour ma part, je vois aussi que je dois clarifier des choses : mon but n’est pas de donner une consigne de vote quelqu’elle soit, même une consigne de non-vote.

        En tant que bon baptiste, j’aime la liberté de conscience et j’appelle à respecter la conscience de chacun. Là où Dieu ne donne pas de commandement, nous ne devons pas lier la conscience des hommes.

        Mon argument autour de l’homme libre n’a pas pour but principal de prouver que nous pouvons ne pas voter. Le but est plutôt d’enlever une objection que j’entends : il n’y avait pas de démocratie au temps de la Bible et donc Dieu ne pouvait pas en parler. C’est une abhération historique : tout notre langage et notre conception de la démocratie vient des grecques et des romains (république, préfet, etc). Dieu aurait pu dire quelque chose de direct, mais il ne l’a pas fait, c’est une partie de l’argument mais certainement pas quelque chose de décisif. Comme toi, je crois que ce qui est nécessairement contenu dans l’Ecriture lie notre conscience et pas seulement ce qui est explicitement dit. (2LCBF I.6)

        Mon argument principal serait que la notion de gouvernement est abordé dès l’Ancien Testament, pas seulement abordé dans le Nouveau. 1 sam 8, nous montre très clairement ce que Dieu pense : même si le temps des juges était cahotique, il est mieux, pour le peuple, de rester sans gouvernement qu’avec.

        Tout ce que Dieu dénonce dans ce passage concernant le roi choisi par Israël s’applique à n’importe quel roi même s’il n’est choisi que pour 5 ans… En faite, mon argument serait plutôt : puisque nous sommes tous pourri, ne donnons à personne le pouvoir mais organisons nous comme au temps des juges tout en nous rappelant que nous sommes sous la nouvelle alliance… Je ne m’attends pas à ce que cela se produise dans notre nation, mais c’est ainsi que le royaume de Dieu est gouvernée dans l’Eglise.

        Si nous savons que la personne choisie fera du mal aux autres hommes, devons-nous réellement voter ? Ne pas voter est pour moi un moyen de s’opposer à tout ce qui se cache derrière la démocratie, tout ce qui fait que l’état français prend la place de Dieu. Mais, je considère qu’il est possible de voter sans sombrer dans l’idolâtrie de l’état.

        Je présuppose que si tu es avec Guillaume Bourrin et Pascal Denault comme co-auteur du site le boncombat.fr, c’est que tu considères que la seconde confession de foi de Londres est une bonne interprétation de la Bible et que tu penses donc que la loi morale de Dieu est la seule chose qui nous lie.

        Je pense donc que tu devrais être d’accord avec moi que la question à se poser est celle-ci : désobéissons-nous au 5ème commandement en ne votant pas ?

        Nous pourrions aussi nous poser cette question de cette manière : ne pas voter est-ce forcément ne pas se soumettre à l’autorité en place ?

        Nous pouvons aussi nous poser une autre question : Puisqu’il faut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes, est-il possible que ne pas voter rentre dans le cadre de la désobéissance aux autorités que Dieu nous demande lorsque l’autorité en place est en rebellion à Dieu ?

        Il me semblait donc juste que tu ôtais une juste option pour le chrétien sans avoir essayer de répondre aux questions précédentes.

        Mais je pense que ta clarification est bonne.

        Que la grâce t’accompagne,

        Emmanuel

  • Jérôme Laffez

    Merci, cet article est assez long pour ne pas rester sur sa faim et sans parti pris, très bien aussi la partie 2 avec les sujets de prières. Je suis satisfait et partage ce qui n’est pas fréquent. Bravo TPSG et Raphaël.

    • Raphaël Charrier

      Merci pour l’encouragement Jérôme!

  • Merci ! J’attends ton article pour « Et maintenant ? » Sera utile avec tous ces messages alarmistes (antichrist….) qu’on trouve sur le Net !